Madagascar : l’île des nattes

La confection d’objets en fibres végétales tressées ou tissées constitue l’une des richesses de l’artisanat malgache. La vannerie à Madagascar est une activité essentiellement féminine.

Aux  objets utilitaires – nattes, récipients de toutes tailles, vans à riz, filtres à coco, porte-cuillers, sacs et paniers, nasses, chapeaux, etc. – s’ajoute une vannerie plus décorative – rideaux en macramé, boîtes et étuis, sets de table. Matériaux, styles, motifs et formes varient selon les régions.

La vannerie est un art qui fait partie de la culture de Madagascar. En effet, les nattes accompagnent le Malgache depuis sa naissance jusqu’à son décès ! Et même après …

La natte «un tissu social»

Simple élément décoratif faisant partie de la décoration pour certains, la natte est un outil multifonction, fortement symbolique pour les Malgaches. Dans les proverbes malgaches, on compare la natte au «Fihavanana», qui est une forme de lien social valorisé dans la culture de Madagascar. S’apparentant à l’entraide et à la solidarité, cette valeur constitue un principe de base de la vie collective à Madagascar. Les couleurs de la natte marquent la diversité de mœurs de chaque clan ou groupe ethnique voisins, et les mailles représentent l’unité.

Une natte «permanente»

Dans la plupart des maisons traditionnelles, on trouve une natte tressée à partir de jonc aplati ou de feuilles de Vakona qui se pose de façon permanente. Cette natte composée de 3 ou 4 bandes de 80 cm est posée sur le sol ou sur le plancher pour les maisons sur pilotis.

Dans la culture malgache, on utilise une nouvelle natte quand on accueille des invités.

Ces nattes sont de deux tailles, une grande qu’on utilise comme tapis et une petite qui sert comme «Set de table». Cette dernière est appelée «Lambanana».

Dans les arts de table malgaches, les personnes les plus âgées ou les plus respectées s’assoient dans «la place d’honneur» sur un tabouret, appelé «Akalana», au nord du foyer. Quitter la table avant que tout le monde ne finisse son repas est mal vu au Madagascar. Cependant, il est possible de s’éclipser mais sans oublier de s’excuser et de dire qu’on est obligé de «piétiner le Lambanana »

Même de nos jours, le salon moderne est toujours appelé «Nord du foyer» et même si on mange à table, quand il faut partir, on dit qu’on doit piétiner le «Lambanana».

Une natte pour l’exhumation

La «famadihana», un évènement familial qui se déroule chaque année entre juillet et septembre consiste au retournement des morts enterrés. Le rituel consiste à déterrer les os des ancêtres, à les envelopper cérémonieusement dans des tissus frais (lamba) et à les promener en dansant autour de la tombe avant de les enterrer à nouveau.

C’est un évènement très festif durant lequel les descendant d’une même lignée s’habillent des vêtements de la même couleur. un zébu est sacrifié et les habitants aux alentours viennent partager cette joie en offrant des offrandes, souvent consommables (riz, viande, alcool, …). Tout cela se passe dans une ambiance de danse et de musique qui dure deux ou trois jours et nuits.

La fête est finie au moment où on sort les corps. On les fait danser autour du tombeau avant de les disposer sur la natte au soleil. Les défunts sont enveloppés dans les nouveaux linceuls avant de les remettre dans le tombeau familial. La natte dans laquelle le corps était mis n’accompagne pas le défunt dans son caveau. Considérée un porte bonheur, elle sera débattue par les descendants. La «famadihana», sera clôturée par un discours, écouté avec attention par les jeunes.

Lors de nos voyages en Madagascar, les voyageurs découvrent la vannerie lors des visites de villages et s’initient à cet art au cours d’un atelier (voyage de 21 jours)

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