La Colombie est le 3ème producteur au monde de café vert, avec 22 régions productrices de café. L’or noir du pays représente 8 % des exportations totales de la Colombie et contribue à hauteur de 12 % au PIB agricole du pays. C’est également le principal générateur d’emplois dans les zones rurales.
L’histoire du café en Colombie : des jésuites à la renommée mondiale
Comment le café s’est implanté en Colombie au XVIIIe siècle
Le café est introduit en Colombie avec l’arrivée des jésuites en 1730. Le plus ancien témoignage écrit connu est celui du jésuite espagnol José Gumilla dans son livre El Orinoco Ilustrado, où il parle de la présence de cette plante pendant sa mission.
Mais c’est au XIXe siècle que la caféiculture s’étend à travers le pays, notamment dans les régions andines. L’altitude, les pluies régulières et la richesse des sols volcaniques offrent alors un environnement particulièrement adapté à la culture de l’arabica.
La première exportation de café colombien a lieu en 1835, avec 2 500 sacs envoyés aux États-Unis. La production s’étend ensuite dans les départements de Cundinamarca et d’Antioquia, avec le développement du marché international des matières premières. Entre 1850 et 1910, la caféiculture continue de se développer et s’étend progressivement à travers le pays. Le café devient progressivement une culture fiable et reste une denrée recherchée.
Au début du XXe siècle, la Colombie exporte 600 000 sacs de café par an, soit une augmentation de 900 % en moins de 25 ans. Le café devient alors la ressource la plus importante de la Colombie et joue un rôle majeur dans la stabilité économique et politique.
La Fédération nationale des caféiculteurs et la naissance de Juan Valdez
En 1927, les producteurs de café s’unissent afin de créer une organisation capable de les représenter au niveau national et international : la Fédération nationale des caféiculteurs, ou FEDECAFÉ. Son objectif est de défendre le bien-être des caféiculteurs et d’améliorer leur qualité de vie. La Fédération ne se limite pas au soutien des producteurs. Elle soutient les politiques qui bénéficient au secteur agricole à une plus grande échelle et est très impliquée dans le développement des politiques agricoles. Elle contribue à stabiliser les prix, à améliorer la qualité et à promouvoir le café colombien sur le marché mondial. Cette stratégie de promotion s’appuie sur des campagnes de marketing qui vont progressivement associer le café colombien à une image de qualité supérieure.
À la fin des années 1950, le secteur du café traverse une période de crise. La FEDECAFÉ organise alors un concours auprès de plusieurs grandes agences de publicité internationales afin de développer une stratégie de promotion mettant en valeur le café colombien et son image de meilleur café au monde. L’agence de publicité américaine Doyle Dane Bernbach (DDB) remporte le marché en 1959. Le personnage fictif de Juan Valdez est alors créé et personnifié par un acteur américain d’origine cubaine, José F. Duval. L’opération marketing rencontre rapidement le succès après son lancement en 1960. Selon la FEDECAFÉ, après six mois de campagne, la reconnaissance des produits colombiens sur le marché américain passe de 50 à 81 %, tandis que la proportion de personnes estimant que la Colombie produit le meilleur café passe de 4 à 25 %.
Le café colombien, première IGP non européenne reconnue par l’Union européenne
Cette stratégie de communication se poursuit avec la création, en 1984, du label de qualité « Café de Colombia » par la Federación Nacional de Cafeteros de Colombia.Le label s’appuie sur l’image de Juan Valde, son ânesse Conchita et les montagnes colombiennes en arrière-plan. Il permet d’identifier les produits contenant 100 % de café colombien et contribue ainsi à renforcer l’association entre le produit, son origine et son image de qualité.
Cette démarche de valorisation de l’origine est ensuite renforcée par une reconnaissance juridique. En 2005, le Café de Colombia obtient une Denominación de Origen en Colombie. En 2007, il devient la première indication géographique colombienne reconnue par l’Union européenne. Cette reconnaissance met en avant la qualité du café colombien ainsi que son impact sur le marché mondial. Elle permet également d’accroître sa visibilité et son appréciation en Europe.

Les grandes régions productrices de café colombien
La Colombie compte de nombreuses régions productrices réparties à travers le pays. Parmi les principales figurent notamment l’Antioquia, le Caldas, le Huila et le Nariño. La diversité des territoires de production contribue à la diversité des profils de cafés colombiens.
Le Triangle du café colombien (Eje Cafetero), classé au patrimoine mondial de l’UNESCO
Le Triangle du café, ou Eje Cafetero, comprend les départements de Caldas, Quindío et Risaralda. Cette région est célèbre pour ses paysages vallonnés et ses plantations de café.Les cafés de cette région sont décrits comme équilibrés, avec notamment des notes de caramel et de noisette.
En 2011, une partie de la région est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO sous la dénomination de « Paysage culturel du café de la Colombie ». Cette reconnaissance met en valeur l’importance de cette région dans l’économie colombienne, ainsi que ses paysages et sa culture, représentatifs de l’Eje Cafetero.
Nariño, Huila et Cauca : des terroirs d’exception
Plus au sud du pays, les départements de Nariño, Huila et Cauca se distinguent notamment par leurs altitudes élevées et leurs conditions de production particulières.
Le Nariño est la région des extrêmes. Situé à la frontière avec l’Équateur, ce département produit certains des cafés cultivés aux plus hautes altitudes de toute la Colombie. Certaines parcelles dépassent les 2 200 mètres. À ces altitudes, les températures nocturnes sont très basses, ce qui ralentit davantage la maturation des cerises. Le café produit dans cette région est reconnu pour son acidité vive et ses notes fruitées. On lui associe notamment des saveurs d’agrumes et de fruits tropicaux.
Le Huila, première région productrice de café, est également connu pour ses cafés de qualité. Ses plantations se situent entre 1 500 et 2 000 mètres d’altitude. Ses cafés sont appréciés pour leur douceur et leurs notes de chocolat et de fruits rouges. La région remporte régulièrement des prix pour la qualité de ses cafés.
Le Cauca, voisin du Nariño et du Huila, partage certaines caractéristiques avec ses deux voisins, comme une altitude élevée et une acidité marquée.
Antioquia et Caldas : les bastions historiques du café colombien
Plus au nord, l’Antioquia et le Caldas sont deux territoires historiques de la caféiculture colombienne.
L’Antioquia est historiquement un bastion de la production de café. Le département possède une tradition caféière de plus de 180 ans et produit aujourd’hui une grande diversité de cafés, notamment caractérisés par leur douceur et leurs notes sucrées.
Le Caldas est également un territoire historique de la caféiculture colombienne. À la fin du XIXe siècle, les familles de la région commencent à développer la culture du café dans cette géographie montagneuse. Aujourd’hui, le café constitue une activité essentielle pour le département et fait vivre des dizaines de milliers de familles. Caldas occupe aussi une place importante dans l’histoire des cafés de spécialité en Colombie. C’est dans cette région qu’a commencé le programme de Cafés Spéciaux de la Fédération nationale des caféiculteurs, après la découverte en 1986 d’un café de grande qualité à Riosucio. Avec le Quindío et le Risaralda, Caldas constitue aujourd’hui une partie majeure de l’Eje Cafetero, dont le paysage culturel témoigne de plus d’un siècle de tradition caféière et de l’adaptation des producteurs aux conditions montagneuses.
Pourquoi le café colombien est-il considéré comme l’un des meilleurs du monde ?
Un terroir particulièrement favorable à la culture du café
La Colombie compte 20 régions productrices de café, parmi lesquelles l’Antioquia, le Caldas, le Huila et le Nariño, réparties en quatre grandes zones sur l’ensemble du pays.
Le territoire colombien bénéficie d’un climat tempéré avec peu de variations de température entre le jour et la nuit, autour de 23 °C de manière constante. Le taux d’humidité est compris entre 70 et 80 %, ce qui crée des conditions propices à la culture du café. La renommée du café colombien repose également sur ses conditions géographiques. Du nord au sud, en passant par la majestueuse cordillère des Andes, le pays offre un terroir propice à la culture des plants d’arabica.
La cordillère des Andes joue un rôle important dans la culture du café. Les versants de la chaîne de montagnes possèdent des sols riches et volcaniques, particulièrement fertiles. Ces terres nourrissent les plants de café et permettent permettent à la Colombie de produire exclusivement du café de l’espèce Arabica, réputée pour la qualité et la finesse de ses grains.
Les variétés de café cultivées en Colombie : Caturra, Castillo et Typica
Pendant plus de deux siècles, le Typica constitue l’unique fondement de l’agriculture caféière dans les régions productrices d’Amérique centrale et du Sud. Ce n’est qu’à partir de la fin du XIXe siècle que d’autres variétés commencent à apparaître, notamment à la suite d’épisodes épidémiques de rouille du caféier.
Parmi les variétés apparues au cours de cette évolution figure le Caturra est une mutation naturelle de la variété Bourbon. Cette mutation est dite « nanisante », c’est-à-dire qu’elle donne naissance à des plants plus petits et plus compacts. Cette hauteur réduite facilite la récolte manuelle et permet une plantation plus dense, ce qui peut, en théorie, augmenter les rendements.
Plus récemment, le Castillo a été développée par le Cenicafé, le Centre National de Recherches sur le Café en Colombie. Il voit officiellement le jour en 2005 après plus de vingt ans de recherche. Son objectif est d’offrir aux producteurs colombiens une variété résistante à la rouille du caféier, un champignon redouté qui peut ravager des plantations entières.

Arômes, goût et profil gustatif du café de Colombie
Notes fruitées, chocolatées et caramélisées : les arômes du café colombien
L’un des grands intérêts des cafés colombiens réside dans leur diversité aromatique. Leur profil général se caractérise par un certain équilibre, associant douceur et acidité vive.
Ces caractéristiques peuvent varier selon les régions de production et les méthodes de transformation.Les cafés de Nariño et du Huila présentent des notes d’agrumes et des arômes floraux, tandis que ceux d’Antioquia ou de Caldas sont davantage associés à des notes de caramel, de chocolat ou de noisette. Certains micro-lots expérimentaux ou issus de procédés de fermentation spécifiques peuvent quant à eux développer des profils plus fruités, voire tropicaux.
Comment préparer et déguster le café colombien chez soi ?
Les meilleures méthodes de préparation pour sublimer le café de Colombie
Le café colombien peut être préparé de différentes façons : cafetière filtre, cafetière italienne. Le choix de la préparation dépend surtout du goût recherché.
Pour une préparation simple et traditionnelle, il suffit d’utiliser environ 5 à 7 g de café colombien moulu pour 150 ml d’eau. L’eau est portée à ébullition, puis le café est ajouté et laissé au repos pendant 6 à 7 minutes avant d’être filtré.
Pour profiter pleinement des arômes d’un café colombien, il est également possible de le déguster simplement, sans sucre ni lait. Cela permet de mieux percevoir ses différentes notes aromatiques et son équilibre.
La réussite d’un bon café dépend de plusieurs éléments : la mouture, le dosage et la température de l’eau. Ces paramètres doivent être adaptés à la méthode de préparation choisie.
La température de l’eau joue notamment un rôle important dans l’extraction des arômes. L’objectif est donc de trouver un bon équilibre entre ces différents paramètres pour faire ressortir les caractéristiques du café colombien.
Au cours de nos voyages, découvrez cette tradition caféière directement sur le terrain.
À Salamina, une immersion dans une finca familiale permet de découvrir le travail du café. Nous apprenons à reconnaître les cerises mûres et à les récolter, puis découvrons les différentes étapes de transformation, du dépulpage au séchage, avant de déguster un café fraîchement préparé.
Mais au-delà du café, découvrez une véritable tradition agricole et partagez le quotidien de familles paysannes. Participez aux travaux agricoles et découvrez les secrets de fabrication d’autres produits emblématiques de la région, comme le cacao ou la canne à sucre.
À Medellín, l’immersion se poursuit autrement : découvrez la ville à travers le regard de ses habitants et rencontrez celles et ceux qui font vivre les quartiers à travers des initiatives locales.
Dans notre voyage de 20 jours, le séjour se poursuit ensuite vers la région Caraïbe, avec la rencontre des communautés Kogui et Wayuu. Vous découvrez leur mode de vie et leur lien avec la nature, avant de découvrir Carthagène.
Pour vivre une expérience unique en Colombie, retrouvez nos deux voyages :
- Immersion colombienne de Bogota à Medellín – 14 jours
- Immersion colombienne de Bogota aux Caraïbes – 20 jours
FAQ – Vos questions sur le café en Colombie
Quelle est la différence entre le café colombien Supremo et Excelso ?
Supremo et Excelso sont deux catégories de café classées selon la taille des grains. Le Supremo correspond à des grains plus gros que l’Excelso. Il ne s’agit donc pas de deux variétés différentes, mais de deux catégories de grains.
Le café colombien contient-il plus de caféine que les autres cafés ?
Pas forcément. La quantité de caféine dépend surtout de la variété de café et de la préparation. La Colombie produit principalement de l’Arabica, qui contient généralement moins de caféine que le Robusta.
Le fait qu’un café soit colombien ne signifie donc pas qu’il contient plus de caféine.
Comment reconnaître un vrai café colombien de qualité ?
Pour reconnaître un vrai café colombien, il faut vérifier son origine et son appellation « Café de Colombia ». Cette appellation garantit l’origine du café et permet d’assurer sa qualité et sa traçabilité.
Dans quelle région de Colombie pousse le meilleur café ?
Il n’existe pas une seule région qui produit « le meilleur » café. Chaque région possède ses propres caractéristiques et profils de goût.
Par exemple, le Nariño est connu pour ses cafés fruités et acidulés, tandis que le Huila produit des cafés doux avec des notes de fruits et de chocolat. L’Antioquia et le Caldas sont davantage connus pour leurs cafés ronds et équilibrés.
Le meilleur café dépend donc surtout des goûts de chacun.
Le café en Colombie peut-il se déguster sans sucre ni lait ?
Oui. Le café colombien peut tout à fait être dégusté sans sucre ni lait. Cela permet de mieux apprécier ses arômes et ses différences selon les régions.
Retrouvez tous nos voyages solidaires en Colombie, et plongez au coeur de la culture locale